Vaccination au Javits Center

Lundi, nous avons reçu notre première dose du vaccin (Pfizer) au Javits Center. C’est un vaste centre d’exposition tout en verre sombre posé à deux pas d’Hudson Yards et de la rivière Hudson. Le quartier continue sa transformation : au moins cinq gratte-ciels sont en construction dans un rayon de quelques centaines de mètres, sans compter quelques terrains vagues juste en face du Javits et dont on se doute qu’ils se transformeront en fondations des suivants d’ici peu.

L’État de New York a abaissé l’âge minimum pour recevoir son injection à 30 ans le 30 mars, nous rendant éligibles, puis à 16 ans une semaine plus tard. Décrocher un RDV pour la vaccination est un parcours du combattant, car les sites internet sont saturés et l’approvisionnement hebdomadaire en dose est inférieur au nombre de personnes éligibles, doublé d’un test de réflexes car les créneaux disparaissent à peine libérés. Nous avons finalement réussi à décrocher notre précieux sésame un vendredi matin, alors qu’un nombre massif de créneaux était proposé ; l’État venait probablement de recevoir ses stocks pour les semaines suivantes.

Le Javits Center a été transformé en un immense vaccinodrome surnommé « Javax ». Lundi, une pancarte annonçait que le centre prévoyait de vacciner 11 170 personnes ce jour-là. Il est ouvert 7 jours sur 7 et a donné des injections à plus de 400 000 personnes depuis le démarrage de la campagne de vaccination. Quelques autres vaccinodromes ont été ouverts dans la ville mais celui-ci est le plus central et probablement le plus grand.

Une fois franchi les portes, on se croit dans un aéroport. Un flot continu d’arrivants est immédiatement canalisé vers une rangée de soldats qui vérifient que l’on a bien un rendez-vous pour le jour et l’heure dits. Plus loin, on serpente le long de ces rubans extensibles utilisés abondamment dans les aéroports et lieux publics – et qui ont probablement un nom … – tout en respectant la distance de 6 pieds entre chacun. D’autres soldats de la Garde Nationale nous pilotent, ramènent les brebis égarées à coup de porte-voix, et nous dispatchent vers une centaines de tables disposées en longues rangées. Là des préposés vérifient notre rendez-vous et notre identité, nous remettent une liasse de papiers sur les possibles effets secondaires et les ingrédients du vaccin (en cas d’allergie) et vérifient si nous avons été malades récemment, si nous avons reçu un autre vaccin quel qu’il soit (grippe, etc.) au cours des semaines précédentes, si nous avons des allergies, etc. Ensuite, le parcours continue vers le hall suivant où se déroule la vaccination proprement dite. À nouveau nous sommes dispatchés en colonnes, puis un soldat fait signe à la première rangée d’avancer (« Sir, Sir, Ma’am, Ma’am, Sir, step forward! ») et nous indique de suivre des rubans colorés collés au sol jusqu’à un panneau numéroté où deux soldats indiquent à chacun une table. A chaque table, une infirmière et un préposé devant un ordinateur. L’infirmière vérifie à nouveau notre identité, s’enquiert d’éventuelles réactions nerveuses devant les aiguilles et nous injecte le vaccin, pendant que son collègue prépare notre carte de vaccination et le rendez-vous pour la 2e dose. Un vaste espace est ensuite constellé de chaises à six pieds les unes des autres où tous les nouveaux injectés doivent patienter au minimum quinze minutes, au cas où quelqu’un se sentirait mal (une unité d’infirmerie est située juste à côté). Des bouteilles d’eau sont offertes pour s’hydrater, tendis qu’à l’entrée de l’espace un soldat goguenard distribue des autocollants « I got my vaccination at the Javits Center » écrit autour d’un biceps gonflé avec son sparadrap. Version moderne de Rosie la Riveteuse.

Une fois les quinze minutes écoulées, chacun est libre de se lever et de sortir du bâtiment. Sur le chemin, de larges panneaux mobiles où certains ont collé des messages de remerciement pour le personnel soignant. Juste à côté, un soldat se prête complaisamment au jeu de prendre en photo une jeune femme devant un fond célébrant la vaccination au centre, et l’immortalise même montrant du doigt la télé proclamant le nombre de vaccins administrés sur les lieux. Seul élément incongru, à l’angle de la salle un kiosque et des bannières commémorent les cinquante ans de la Guerre du Vietnam.

L’ensemble est un modèle d’organisation et d’efficacité, quasiment sans aucun temps mort. Tout est millimétré et cadencé. Il s’écoule environ 30 minutes entre le moment où on entre et celui où on sort du bâtiment, dont quinze minutes d’attente post-injection. Le personnel mobilisé, entre les civils et les soldats, est impressionnant. Plusieurs centaines de personnes en tout à un instant t. Le tout est gratuit pour tous.

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