Happy New Year! depuis Bryant Park

La patinoire de Bryant Park.
Au fond, en gris, le siège de Bank of America

Meilleurs vœux à tous depuis la Grosse Pomme !

Au vu du déroulement de l’année précédente, on restera prudent sur les souhaits et sur les plans pour cette année-ci, mais on ne peut qu’espérer qu’elle se déroule mieux que 2020.

Cette première semaine de 2021 à NYC a, semble-t-il, déjà été pas mal occupée.

Pour l’anecdote, j’ai eu l’occasion de déguster ma première galette des rois de l’année le 6 janvier à Bryant Park, en plein Midtown. Il faisait très beau et froid. En cette fin de matinée, quelques patineurs cerclaient sur la glace installée comme chaque année au milieu des espaces verts. Ce petit parc, qui jouxte le bâtiment historique de la New York Public Library, est très couru, même par temps de Covid, de par sa position centrale, et offre une oasis bienvenue en tout saison à l’ombre des gratte-ciels environnants. L’été, hors épidémie, l’on y écoute des acteurs déclamer du Shakespeare, on y lit ou bavarde sous les arbres, tandis que l’hiver c’est le marché de Noël qui y attire la foule.

La veille avait eu lieu le 2e tour (runoff) des élections sénatoriales de Géorgie, le seul État pour lequel les élections générales de novembre n’avaient pas abouti à la victoire du moindre candidat. L’enjeu dépassait largement les frontières de la Géorgie car l’élection ne serait-ce que d’un seul candidat Républicain aurait donné la majorité au Sénat pour le Grand Old Party, ce qui aurait fortement limité ou du moins ralenti la réalisation du programme de l’équipe Biden. Contre toute attente – l’État est historiquement à majorité Républicaine – ce sont les deux candidats Démocrates qui ont été élus, donnant ainsi une égalité parfaite aux deux partis à la Chambre Haute, et donc un avantage aux Démocrates car c’est le Vice-Président qui préside le Congrès. Ce sera donc Kamala Harris qui tranchera bientôt en cas d’égalité des votes.

Le 6 janvier, quelques milliers d’ardents supporters de Trump (tous blancs, quasiment que des hommes) ont envahi les rues de Washington D.C. en mode « angry mob » et ont réussi à pénétrer dans le Capitole, forçant les députés et sénateurs réunis pour la validation officielle de l’élection présidentielle à interrompre le processus et à se mettre à l’abri. Le tout devant les caméras du monde entier. Tragique bouquet final de 4 ans d’une présidence chaotique avec Mister T. qui n’a eu de cesse jusqu’au bout de verser du napalm sur les braises. Le décompte des victimes s’est alourdi hier soir à 5 morts, suite au décès d’un membre de la police du Capitole. Du jamais vu.

Paradoxalement, une partie des Républicains s’est encore davantage désolidarisée de la position de Trump et s’est rappelée à temps qu’il y avait une limite à fouler aux pieds la constitution et les lois par lesquelles ils occupent leurs postes actuels. À retenir, Mike Pence, le Vice-Président, qui a aussitôt fermement condamné les attaques et a relancé après quelques heures de suspens la validation de la victoire de Joe Biden et l’a mené à son terme durant la nuit jusqu’au coup de marteau final. Mitch McConnell – le leader de la majorité républicaine au Sénat, qui avait bien savonné la planche d’Obama et de Biden durant les dernières années – a lui-même affirmé très clairement que cette violence était intolérable, que les institutions et la volonté du peuple américain devaient être respectées et que les deux Chambres réunies devaient continuer la confirmation de l’élection de Joe Biden. Hélas, environ la moitié des sénateurs républicains, menés par le sénateur du Texas Ted Cruz, sont restés le doigt sur la couture du pantalon et n’ont pas approuvé le résultat de l’élection, cautionnant ainsi la position de Trump, par pur calcul politique pour caresser dans le sens du poil les millions d’électeurs de de dernier. Cela promet des débats mouvementés en interne du parti dans les prochains mois voire années.

Trump, lui, a prouvé qu’il pouvait encore faire des pirouettes avec salto arrière, triple axel, et sans les mains, car en l’espace de 24h environ, il a au fil de ses tweets et allocutions réussi successivement à :

  • exciter une foule déchaînée de ses supporters les plus fervents, au point que ceux-ci sont entrés de force au Parlement et l’ont dégradé, en répétant à qui voulait l’entendre que l’élection avait été truquée (« the election has been rigged!« ) et qu’on lui avait volé sa victoire écrasante et évidente (« landslide win » en VO ; en l’occurrence, il y a peut-être bien eu un glissement de terrain, mais c’est lui qui s’est retrouvé sous la boue), ce qui est juste inouï pour quelqu’un qui a prêté serment près de 4 ans plus tôt en jurant de protéger la constitution
  • dénoncer (avec un certain retard …) les violences inadmissibles de ses propres supporters
  • encourager ces mêmes supporters à rester avec lui car ce n’était que « le début du chemin ensemble »
  • reconnu d’un ton normal – comme si on ne pouvait s’attendre à rien d’autre de sa part – que le Congrès avait confirmé les résultats, qu’une nouvelle administration allait lui succéder le 20 janvier, qu’il n’aspirait plus qu’à une transition en douceur et qu’enfin, si l’année 2020 avait été difficile pour le peuple américain, le temps était maintenant venu de panser les plaies et de se réconcilier. 20 secondes irréelles à écouter ici. Il venait peut-être de se cogner la tête sous la douche.

Pas mal pour une première semaine !

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