Chutes du Niagara

American Falls et Bridal Veil Falls. Au fond Horseshoe Falls

Longue journée d’excursion aux Chutes du Niagara depuis Ithaca, 3h de route dans chaque sens, mais ç’aurait été dommage de manque l’occasion, pour une fois que nous en sommes suffisamment près, et nous ne savons pas si nous aurons l’occasion d’y revenir un jour. Le hasard a voulu que nous nous y rendions la veille de la réouverture des attractions (bateau Maid of the Mist et tout le toutim) donc les cascades étaient uniquement accessibles depuis les différents points de vue. En revanche, il y avait peu de visiteurs, et nous avons pu bien en profiter.

Ces cascades archi connues, premier endroit à être déclaré parc national aux USA, ne sont finalement pas si impressionnantes que ça. Le site se compose de trois cascades alignées et séparée entre elles par des îlots : American Falls, Bridal Veil Falls (la plus étroite) et Horseshoe Falls (la plus large), d’est en ouest. Leur hauteur (relativement) modeste de 52m est en revanche compensée par leur largeur : un peu plus de 1100m mises bout à bout, ce qui donne un débit respectable de 2832 m3/s en été (le double en hiver). Horseshoe Falls est la plus impressionnante avec sa forme en fer à cheval (d’où son nom) où l’eau se rue avec une telle vigueur qu’un épais panache de vapeur se forme continuellement depuis le pied de la chute et monte à plusieurs dizaines de mètres au-dessus des chutes. Depuis la route qui mène au parc, on l’aperçoit à plusieurs kilomètres de distance et nous l’avions confondu avec les rejets d’une centrale électrique. Cette route longe la Niagara River qui coule du lac Erie au lac Ontario et qui est alors encore un large cours d’eau étale dont on imagine mal qu’il puisse se terminer dans un tel fracas quelques kilomètres plus en aval.

Avant de visiter le site, j’avais une idée complètement fausse de sa configuration. J’imaginais une crête des chutes d’eau à peu près perpendiculaire aux rivages américain et canadien, et donc une vue peu ou prou similaire d’un côté ou de l’autre. En fait la rive canadienne fait directement face aux chutes et j’y aurais volontiers fait un tour pour le panorama, si la frontière n’était encore fermée. Du côté américain, on accède à des terrasses d’où l’on se contorsionne pour observer au mieux les chutes et les prendre le plus possible dans leurs largeurs.

Ne surtout pas s’imaginer un site en pleine nature. Tout est balisé, bétonné et rendu le plus pratique et fonctionnel possible. De part et d’autre, une ville appelée Niagara Falls – une dans l’Etat de New York, l’autre en face en Ontario – déploie des rangées d’immeubles moches d’où jaillissent de gigantesques hôtels et casinos, et où les chambres avec vue doivent se payer cher. On se croirait presque à Las Vegas. Côté américain, un de ses immenses casinos est exploité par les Indiens Seneca (une nation iroquoise), descendants des habitants autochtones de la région des Finger Lakes et des bords de l’Ontario, avant l’arrivée des colons. Probablement la seule manière qu’il leur reste de plumer les lointains enfants de ceux qui les ont chassés de leur territoire.

Horseshoe Falls. Au fond la rive canadienne

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