Conseils aux expats : Travailler aux USA – I

Vaste sujet s’il en est. Pour commencer, faire le point sur sa situation personnelle et professionnelle, sa motivation pour travailler aux États-Unis et ses objectifs à plus ou moins long terme. En effet, selon sa situation familiale (célibataire, en couple, avec ou sans enfants), sa formation, son expérience professionnelle et l’intention avec laquelle on vient dans le pays, chercher un travail ne veut pas dire la même chose. Si, pour illustrer avec deux exemples, vous vivez seuls avec quelques années d’expérience dans un domaine a priori porteur aux USA (informatique, commerce, marketing, etc.) et voulez vivre votre « rêve américain » aussi longtemps que ça marchera, ou si vous suivez votre conjoint qui a décroché un job aux USA, avez la moitié de votre expérience professionnelle derrière vous et êtes accompagnés d’enfants, vous n’aborderez pas le sujet sous le même angle et ne tiendrez pas compte des mêmes paramètres. Je précise que je ne juge ou critique aucune de ces situations, ni toutes celles que je n’ai pas abordées. Il y a une infinité de cas possibles et je ne prétends pas pouvoir tous les aborder, je me contenterai de dresser à grands traits les principaux cas de figure. De nombreux sites et blogs plus spécialisés portent sur le travail aux USA et en ont une meilleure connaissance que moi. Dans cet article et les suivants sur la recherche d’empli, je fais volontairement abstraction de la situation actuelle avec le Covid-19 qui, de fait, bouscule pas mal de choses et a un fort impact sur le marché de l’emploi.

Première question : êtes-vous « meneur » (c’est vous qui cherchez ou avez décroché un travail aux USA) ou « suiveur » (vous suivez votre conjoint qui a décroché un job aux États-Unis) ? À nouveau, aucun de ces termes n’est péjoratif.

Dans le premier cas, l’ordre des opérations à effectuer (en très gros) est :

  • Vous trouvez un employeur aux USA qui accepte de vous embaucher et de vous sponsoriser, ou vous êtes mutés dans la filiale aux USA de l’entreprise pour laquelle vous travaillez déjà, ou vous êtes embauchés ou mutés dans un établissement du corps diplomatique (ambassade, consulat) ou dans un organisme international ayant son siège ou des bureaux sur le territoire américain (ONU et ses nombreuses agences rattachées, Banque Mondiale, FMI, etc.). Le choix de l’employeur détermine de facto votre future localisation géographique.
  • Vous obtenez un visa de travail grâce à l’appui de votre employeur.

À noter que dans ce premier cas, votre visa est lié à votre employeur. Donc si vous êtes licenciés ou démissionnez, vous perdez votre visa. Si vous voulez continuer à travailler sur le territoire américain, il vous faudra donc trouver un autre employeur qui vous sponsorisera pour un nouveau visa, avant de perdre votre précédent emploi et le visa qui va avec. Par ailleurs, la liste des visa possibles est pléthorique et ressemble généralement à un jeu de bataille navale. À peu près tout l’alphabet y passe.

N’ayant aucune connaissance particulière sur ce sujet, je n’aborde pas le cas ou vous souhaitez créer ou reprendre une entreprise aux États-Unis. Je sais juste que dans ce cas, il s’agit d’un visa E1 ou E2.

Dans le deuxième cas, l’ordre des opérations à effectuer (en très gros) est :

  • Vous « héritez » d’un visa en tant que conjoint d’un détenteur de visa. Selon le visa de votre conjoint, le vôtre sera soit identique, soit différent (par exemple la même lettre mais pas le même chiffre). Votre visa vous permettra ou non de travailler à votre tour aux États-Unis, et selon potentiellement des conditions particulières. Bien vous renseigner sur les règles et conditions liées à vos visas particuliers. Souvent, vous devrez obtenir un permis de travail (généralement appelé EAD pour Employment Authorization Document, mais je sais qu’il en existe d’autres types, sans en savoir plus) en plus de votre visa une fois arrivé sur le sol américain pour pouvoir y travailler.
  • Vous serez localisés à un endroit bien précis (typiquement une ville) sur le territoire et devrez trouver un travail à cet endroit (ce qui élimine de fait des employeurs potentiels).
  • Vous devrez trouver un employeur qui vous permet de demander ensuite votre EAD ou bien avez la possibilité de demander un EAD pour lancer votre propre business (self-employment).

À noter que pour pouvoir bénéficier d’un visa en tant que conjoint, vous et votre conjoint devez impérativement être mariés. Ni le PACS, ni toute autre union civile ou libre ne sont reconnus par le gouvernement américain. En revanche, le mariage homosexuel est reconnu. De plus, il faut être mariés depuis au moins 3 mois (de mémoire, à revérifier) avant la demande de visa. Étrangement, il y a toujours un boom du nombre de mariages dans l’année qui précède la demande de visa et le départ pour les USA. Si vous n’êtes pas mariés, chacun devra mener sa propre recherche d’employeur-sponsor et faire sa propre demande de visa. Dans le jargon administratif américain, celui qui trouve un emploi et fait la demande de visa initiale est appelé « principal alien« , tandis que son conjoint est qualifié de « dependent alien« . Ça sonne très Rencontre du 3e type.

Le bon côté de l’EAD est qu’il ne dépend pas de votre employeur. Paradoxalement, vous avez donc plus de souplesse que votre conjoint et pouvez changer d’employeur sans formalité particulière ni perte d’EAD. Côté face, votre visa et donc votre EAD sont en revanche liés à votre conjoint et, surtout, à son employeur. Donc, si votre conjoint perd ou quitte son emploi, votre propre visa et votre EAD seront également terminés, et par conséquent votre propre emploi.

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