La vie au temps du corona

Il est à la fois fascinant et effrayant de constater la vitesse à laquelle la situation évolue de jour en jour. Ce qui était encore normal une semaine plus tôt – une chose aussi simple que de retrouver quelques amis chez l’un d’entre nous par exemple – s’envisageait au conditionnel quelques jours plus tard et est aujourd’hui impossible. Réciproquement, ce qui était inenvisageable au même moment est entre temps entré dans la réalité, comme un quasi-confinement et une limitation drastique des déplacements, mesure qui toute radicale qu’elle ait pu paraître il y a peu apparaît aujourd’hui comme une nécessité, tant la propagation du virus à New York semble inexorable. Le nombre de cas dans la ville frôle aux dernières nouvelles les 2000, soit un doublement en 2 jours, mais apparemment dû en partie à une augmentation du nombre de personnes testées.

Alors on prend son mal en patience, en essayant de ne pas trop penser à l’isolement subi et à la perspective de rester cloîtré plusieurs semaines entre les quatre murs de son appartement (mais pourquoi si peu d’appartements ici sont-ils pourvus de balcons ou terrasses ?) et on regarde par la fenêtre la rue en contrebas se vider peu à peu de ses passants.

Pourtant le confinement n’est toujours pas confirmé, notamment en raison d’un désaccord sur le sujet entre le maire de New York qui y est favorable et le gouverneur de l’État de New York qui s’y oppose. Ce dernier annonce pourtant que les hôpitaux de l’État arrivent à saturation. Bon.

Cette indécision se traduit encore concrètement dans la rue. Le télétravail massif a vidé les rues des quartiers de bureau, comme Midtown, mais les quartiers résidentiels sont encore assez actifs, tandis que beaucoup de restaurants restent ouverts pour la vente à emporter. En allant faire une course hier, je me suis rendu compte que les grands axes commerçants du quartier étaient encore assez largement fréquentés, que très peu de badauds portaient des masques et que personne ne respectait les distances préconisées entre eux. Des enfants continuaient de jouer sur le trottoir et, si la boulangerie du coin avait effectivement remisé dans un coin de la salle ses tables et escamoté ses chaises en application d’une directive municipale récente, d’autres clients étaient assis sur la terrasse devant ses vitrines à siroter leur café ou déguster une pâtisserie. Une impression d’insouciance quasi-totale prédomine, pour ne pas dire d’inconscience.

En parallèle, le nombre d’abonnés à Netflix, déjà élevé, a dû exploser, tandis que d’innombrables blagues circulent sur Whatsapp pour tromper l’ennui.

P.S.: Le titre est effectivement un clin d’œil à un livre de Gabriel García Márquez, L’Amour au temps du choléra.

Edit : Le gouverneur de l’État de New-York a annoncé ce vendredi 20/03 une interdiction des déplacements non-essentiels (« stay-at-home » order) ainsi que l’interdiction de tout rassemblement dans l’ensemble de l’État à compter du dimanche 22/03.

3 commentaires sur “La vie au temps du corona

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s