Barnes Foundation (Philadelphie)

La Barnes Foundation et son entrée, vues de l’extérieur

Nouveau week-end à Philadelphie, cette fois dans sa partie nord-ouest, là où se concentrent les musées. Un des plus réputés de la ville est la Fondation Barnes, du nom de son fondateur qui fit fortune dans la pharmacie avant de s’intéresser à l’art au tournant du XXème siècle et de créer sa propre galerie. Dans l’esprit, le cheminement rappelle celui de la Collection Frick, mais avec pourtant plusieurs différences majeures. Primo, Barnes a créé sa galerie pour enseigner l’art à ses visiteurs, là où Frick décorait sa nouvelle maison et impressionnait ses invités. Secondo, si Frick s’est concentré sur la Renaissance et l’Époque Moderne, Barnes s’est majoritairement tourné vers les œuvres de ses contemporains, avec un fort accent mis sur les Impressionnistes et post-Impressionnistes.

La Fondation Barnes a quitté en 2012 son lieu d’origine dans la banlieue de Philadelphie et a emménagé dans le centre de la ville, dans un bâtiment ultra-moderne, tout en minimalisme et épure, très japonais ou scandinave d’esprit. L’espace dédié à la collection permanente reproduit exactement l’intérieur de la galerie d’origine. Ce dernier est de taille modeste, deux douzaines de salles de taille assez petites en moyenne, mais frappe par la densité des œuvres disposées dans chaque salle. À chaque mur sont accrochés une bonne dizaine de tableaux, souvent sur plusieurs rangées, ce chiffre pouvant monter à plus d’une trentaine pour les dessins et esquisses de petit format. Il y en a jusqu’au-dessus des chambranles des portes. Entre les tableaux sont disposés des ouvrages de ferronnerie, tandis qu’au pied des murs ou dans des vitrines sont présentés des statuettes africaines, bijoux navajos, blocs taillés de l’Égypte des Pharaons ou encore vases grecs de la Période Géométrique.

Chaque pièce est tellement saturée d’œuvres qu’on pourrait y passer à chaque fois une heure. On se croirait dans une chambre d’adolescent avec les murs couverts jusqu’au plafond d’affiches de ses stars préférées, au détail près que la décoration est ici signée Renoir, Picasso ou Cézanne. Ce qui impressionne ici en second lieu est la quantité d’œuvres des plus grands noms de la peinture européenne, et surtout française, du début du XXième siècle. Des Renoir par fournée dans chaque pièce comme si on les avait donnés (181 Renoir d’après la page Wikipedia), des dizaines de Cézanne, Matisse, Picasso, une vingtaine d’Utrillo, Douanier Rousseau et Modigliani, une poignée de Van Gogh, Degas et Monet, pour ne citer qu’eux. À noter également une sélection de peintures médiévales européennes.

En revanche, l’aspect didactique, pourtant au fondement du projet de Barnes, laisse à désirer. Les informations sur chaque œuvre sont minimalistes, sans aucun contexte historique ou culturel, invitant à picorer mais sans vraiment approfondir sa compréhension. Un couple de quinquagénaires américains est ainsi entré dans une pièce et l’a balayée du regard. La femme a pointé un petit tableau en disant « il est joli » (c’était un Monet), son mari s’est approché d’un tableau qui l’intriguait et a commenté « Miró, connais pas », puis le couple est passé dans la salle suivante.

Dans une salle de la Barnes Foundation

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