Conseil aux expats : Pre-licencing course (Permis de conduire #2)

Samedi dernier, je suis allé faire mon pre-licencing course à l’auto-école. Initialement, lorsque je me renseignais sur les étapes nécessaires à l’obtention d’un permis, je m’attendais à cinq séances d’une heure chacune. C’est en consultant les créneaux dévolus à cette activité dans les auto-écoles que j’ai compris qu’il s’agissait d’un seul créneau de cinq heures. Violent.

L’auto-école où je suis allé est tenue par un couple de Péruviens très accueillants et installés aux États-Unis depuis plus de quarante ans. Leur commerce occupe une partie du rez de chaussée de leur maison. Le cours a lieu dans le salon, réaménagé pour l’occasion : canapés et chaises en cercle autour de la télé, table à manger poussée dans un coin. La leçon est pour partie composée de visionnage de DVD et pour partie d’intervention et commentaires d’une ancienne inspectrice de conduite venue spécialement pour l’occasion.

Les DVD sont des vidéos produits par l’Association des Automobilistes Américains (AAA) et datant de 1994, copiés sur des supports gravés. Ambiance digne des séries américaines diffusées à la télé quand j’étais gosse. Les vidéos sont essentiellement des cours théoriques, à l’intérêt douteux vu qu’on a déjà passé le code à ce moment-là, mais également de témoignages liés à des accidents de la route illustrant pourquoi envoyer des textos au volant – entre autres – peut réellement être dangereux. Séquences longues et pénibles où des filles racontent en sanglotant comment elles ont perdu leur père policier fauché par un automobiliste pendant une intervention sur la chaussée, ou encore leur meilleure amie morte à 18 ans après avoir perdu le contrôle de son véhicule, distraite par le SMS de trop. Et c’est parti pour les photos du papa entouré de toute sa famille, et le film de l’anniversaire des 19 ans posthumes de la jeune fille, avec la maman et les copines attablées autour de son cheesecake favori. On a droit aussi au jeune garçon paraplégique pour avoir envoyé un message au volant. Et tout le monde de poser avec une copie des SMS en question pour bien souligner, au cas où certains dans la salle n’auraient pas encore compris, que les messages qui leur ont coûté la vie ou leur mobilité et leur indépendance étaient on ne peut plus banals et bateaux et que c’est vraiment dommage de mourir pour ça. Pathos triple dose et sans glaçons.

Heureusement, l’animatrice était pêchue et donnait des conseils utiles pour l’examen du permis, sinon je pense que personne n’aurait survécu à cinq heures de visionnage uniquement. De temps en temps, elle fait circuler des quiz pour tester nos connaissances. Le côté amusant est que les réponses correctes ne sont pas comptées et que les résultats de ces quiz n’ont en fait aucune incidence sur la réussite de ce cours. Dans tous les cas, à partir du moment où on est présent, on obtient visiblement le précieux sésame délivré à l’issue de la leçon et qui permet de passer ensuite le permis proprement dit.

La justification de l’utilité de ce pre-licencing course par l’animatrice était assez instructive et pouvait se résumer par: Vous allez sans doute me dire qu’il ne sert pas à grand chose – tout le monde d’opiner mentalement du bonnet – mais c’est important parce que si vous ne le suivez pas, vous ne pouvez pas passer le permis. Certes.

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