Trempette estivale

La piscine d’Astoria Park en juin avant son ouverture.
Au fond, le Triborough Bridge

Durant la période de vacances scolaires, la municipalité ouvre gratuitement quelques piscines à ciel ouvert, fermées le reste le l’année. L’une d’entre elles se trouve à Astoria Park. Si elle est de taille olympique, seul un quart du bassin est dévolu à la nage, les trois quarts restants étant réservés aux jeux et au pataugeage. Même ainsi, le nombre de nageurs se compte généralement sur les doigts des deux mains, tandis que la vaste aire de jeux fait le plein. Toutes zones confondues, la profondeur du bassin varie entre le pédiluve et mi-poitrine. Tout autour, des parasols orange disposés à intervalles réguliers protègent du soleil les maîtres nageurs, debout ou assis, tous jeunes et bronzés. J’en ai compté quinze.

Une population bigarrée s’y mélange, une femme en burkini patauge à quelques pas d’une autre en bikini-string. Les hommes portent de long shorts de bains flottants, le must étant celui aux couleurs du drapeau américain. Variante : se prélasser sur les dalles de béton qui entourent le bassin, allongée sur une serviette aux mêmes couleurs. Certains se baignent un t-shirt sur le dos, ce qui est ici autorisé à l’unique condition que le vêtement soit blanc.

À l’entrée, une gardienne filtre et demande à chacun de lui montrer son cadenas et parfois s’enquiert du maillot de bain. Les casiers sont fournis mais pas leur système de fourniture et chacun doit donc apporter son propre cadenas. Je me suis fait une fois refuser l’accès car mon cadenas ne paraissait pas assez solide au gardien. J’ai eu beau argumenter que j’utilisais le même depuis des semaines, et que ses collègues me laissaient à chaque fois passer, il n’a rien voulu savoir. Les casiers sont disposés le long des murs d’une vaste salle seulement meublée de bancs en bois où l’on se déshabille. Le préposé est l’image même de l’ennui, tour à tour prostré sur un siège au fond de la salle ou arpentant les casiers d’un pas traînant en vérifiant la solidité des cadenas un à un. Il faut bien s’occuper.

Les règles d’hygiène, ou plutôt leur absence, intriguent l’Européen habitué à des coutumes plus strictes. Nombreux sont ceux qui viennent du dehors en tongs qu’ils porteront jusqu’au rebord du bassin en passant par la salle de douche. Les préposés au nettoyage font des va-et-vient en baskets entre la salle des casiers et le carrelage des douches, là ou d’autres marchent pieds nus. Les shorts flottants sont la règle et les bonnets de bain l’exception.

3 commentaires sur “Trempette estivale

  1. Coucou ! Ça donne trop envie !!!! Je connaissais pas ce type de piscine !
    T’as des photos ?
    Bravo pour les récits documentés et agréables à lire ! Marlène

    J’aime

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